Vives polémiques autour des frappes Ougandaises en RDC : le malaise du gouvernement ?

Fortes controverses en RDC concernant la présence de l’armée ougandaise au pays de Félix Tshisekedi.
Après avoir nié l’autorisation accordée à l’armée Ougandaise de combattre les ADF sur le sol congolais et limité la coopération militaire avec Kampala juste au niveau d’échanges de renseignements, le porte-parole du gouvernement, a annoncé, ce mardi 30 novembre 2021, le démarrage des actions ciblées et concertées avec l’armée ougandaise avec des frappes aériennes et des tirs d’artillerie à partir de l’Ouganda sur les positions des ADF.

Les autorités congolaises ont annoncé, mardi, le déploiement des forces armées ougandaises dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) où cette armée étrangère avait mené des frappes aériennes et des tirs à l’artillerie contre des positions supposées des rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), déclaré "ennemi commun" de la République démocratique du Congo (RDC) et de l’Ouganda.

« A la suite des actions ciblées menées ce matin avec l’armée ougandaise, il a été convenu après évaluation de poursuivre des opérations en profondeur par les forces spéciales des deux pays pour nettoyer les positions des terroristes touchés », a déclaré le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, dans un message laconique envoyé mercredi aux médias.

L’armée ougandaise effectue-t-elle des frappes aériennes sur le sol congolais sans entrer dans son espace aérien ? Le parlement a-t-il été informé, conformément à la Constitution ? Difficile de le savoir, pas plus que les responsabilités en cas de dommages collatéraux.

En plus du fait que les opérations militaires relèvent du secret-défense, Kinshasa est, visiblement mal à l’aise face à cette décision qui le met en porte en faux avec l’opinion.

Car, en 2005, la cour internationale de Justice a Condamné l’Ouganda à payer 10 milliards USD à la RDC en titre d’indemnisation pour pertes subies durant l’occupation de son territoire (1997-2003).

En plus, si l’on considère que les provinces en proie à la rébellion des ADF sont sous état de siège, l’intervention d’une armée étrangère sonne comme un échec de cet état d’exception à la quelle la société civile a toujours appelé à mettre fin.

Le prix Nobel de la paix Denis Mukwege a particulières été virulent, sur Twitter, dénonçant une décision “inacceptable” et évoquant des “pyromanes pompiers”.

“Les mêmes erreurs produiront les mêmes effets. Debout, Congolais, Nation en danger !”, a-t-il conclu.

Le célèbre gynécologue a rappelé les conflits du passé notamment en 2000 lorsque les armées régulières rwandaise et ougandaise s'étaient affrontées à l'arme lourde à Kisangani, dans le nord-est de la RDC, faisant plusieurs dizaines de morts et des centaines des blessés.